Villes en flamme avec le Rock'n'Roll

 

 

A l'origine du Culte de l'Huitre Bleue, deux journalistes/musiciens Sandy Pearlman et Richard Meltzer qui poussent Donald Roeser (futur Buck Darma), Allen Lanier et Albert Bouchard à monter un groupe, Soft White Underbilly (1967). Ils recrutent Les Braustein au chant et c'est parti : premières parties du Grateful Dead, de Muddy Waters. Le groupe est signé par Elektra et un premier album enregistré (1969) mais c'est le moment que Braustein choisit pour quitter le groupe. Il est remplacé par Eric Bloom. Pour simplifier les choses, le Soft White Underbilly devient le Stalk Forest Group. A l'époque on peut qualifier la musique du groupe comme du rock West Coast sans grande originalité.

 

Toujours est-il qu'Elektra vire le groupe. Arrive alors Jo Bouchard à la basse et un contrat avec CBS. Le groupe change une troisième fois de nom. Cette fois c'est la bonne, c'est Pearlman qui trouve leur patronyme : Blue Öyster Cult. Mais il n'y a pas que le nom qui change, la musique aussi qui s'inspire non plus du rock planant mais des Stooges, de Steppenwolf, de Black Sabbath,du MC5 dont le groupe reprendra par la suite "Kick Out The Jams".

 

Pearlman et Murray Krugman, les mentors du groupe à ses débuts, cultivent une esthétique sombre et un certain ésotérisme pour les démarquer de la concurrence. Ainsi le logo du groupe : le Cronos inspiré du signe astrologique de Saturne et le tréma sur le O de Oyster imité par la suite par Mötorhead, Mötley Crue.

 

Le 1er album du groupe parait en 1972. Il est sobrement intitulé Blue Öyster Cult. C'est l'un des albums qui va définir le Heavy Metal même s'il reste ancré dans le rock-blues des 60's. On note des titres comme "Cities On Flame With Rock'n'Roll" où l'influence de Black Sabbath est patente et des tours de force comme "Stairway To The Stars" ou encore "Before A Kiss, A Redcap" et ses guitares jazzy.

 

Le second disque Tyranny And Mutation (1973) va plus loin, plus vite, plus fort. Il démarre sur les chapeaux de roue avec "The Red & The Black", poursuit sa course folle avec "O.D.'On Life Itself" et nous place sur des rails chauds direction l'enfer ("Hot Rails To Hell). "7 Screaming Diz-Busters" ne ralentit pas le tempo, ce n'est qu'avec "Baby Ice Dog" que les choses se calment un peu. S'il n'y a qu'un seul album du Cult que vous devriez posséder...

 

Le troisième album Secret Treaties (1974) suscite la polémique à cause de sa pochette où l'on voit le groupe poser devant un Messerschmitt 262, le premier chasseur à réaction viable produit par les nazis en 1944/45. Cette trouble référence le crée, le trouble. Le groupe est alors accusé de faire référence au nazisme dans son imagerie et dans certains de ses textes. Le groupe dut se justifier dans la presse et rappeler que la majorité de ses membres étaient d'origine juive... La polémique se poursuivit à la sortie du quatrième et double album live du groupe, On Your Feet, On Your Knees dont la pochette peut, elle aussi, prêter à confusion : on y voit une limousine ornée de fanions Cronos garée devant une chapelle. Mais la musique dans tout cela ? Secret Treaties est un excellent album dont les morceaux phares sont "Carreer Of Evil" et "Messerschmitt ME 262". Le double live est un peu mou du genou malgré une version de "Born To Be Wild" de Steppenwolf et le "I'Aint Got You" repris des Yardbirds.

 

Blue Öyster Cult devient un groupe à succès en 1976 avec "The Reaper (Don't Fear)" et s'oriente vers une musique moins dure, plus commerciale, influencée par l'Héroïc Fantasy et la science-fiction. Leur dernier album officiel date de 2001. Le Cult a été l'un des pionniers du Heavy Metal et de nombreux groupes de Metal leur ont emprunté quelques idées, hormis le tréma, notamment en matière de références sataniques ou ésotériques. Il n'en reste pas moins que ses trois premiers efforts sont tout à fait recommandables et recommandés.

Bue Öyster Cult : Cities On Flame With Rock and Roll