Une histoire de paumés des deux cotés de l'Atlantique

 

 

Angleterre

 

  1. la genèse

Au départ, un certain Malcom Mc Laren, étudiant des beaux-arts, crypto-situationniste et homme d'affaire redoutable qui a bien retenu la leçon de Debord et de ses compagnons de l'Internationale Situationniste : le scandale est positif, il peut faire parler de vous, il peut créer un rapport de force. Cette leçon Mc Laren  en fait un usage approprié. Il se lance tout d'abord dans la fripe et crée sur King's road à Londres un boutique de vêtements, Let's rock, dédiée au cuir noir et aux fringues Teddy Boys. Puis il fait la connaissance des New York Dolls en 1974, à l'époque ceux-ci sont en pleine déconfiture. Après deux albums dont le prémonitoire Too much, too soon, leur carrière est au point mort. Malcom leur propose de les manager et s'exile à New York. Il développe alors un nouveau concept et habille les Dolls en cuir rouge et leur concocte une tournée sous l'emblème du drapeau rouge. C'est un four, le groupe apprécie peu de se voir associer au communisme et le public...

 

L'idée

Après être revenu des USA, Mc Laren retourne aux fringues et à King's Road où il crée avec la styliste Vivienne Westwood une nouvelle boutique, Seditionnaries qui rapidement devient Sex, une boutique où il vend des accessoires sado-masochistes. Son associé Bernie Rhode remarque alors dans la boutique un étrange client aux cheveux verts arborant un tee-shirt « Je hais Pink Floyd » et lui propose de vocaliser sur une chanson d'Alice Cooper, « I'm eighteen ». Le client se nomme John Lydon. Malgré sa piètre performance, Lydon est engagé comme chanteur. Mc Laren et son associé d'alors Bernie Rhodes sont déjà en relation avec les Swankers (les branleurs) dont font partie Steve Jones, guitariste, et Paul Cook, batteur. Avec l'adjonction de Lydon qui devient Johnny Rotten et avec l'ajout du seul musicien de la bande, le bassiste Glen Mattlock, le gang est au complet. Quant au nom, de Sex à Sex Pistols, il n'y a pas loin.

 

Débute alors une histoire de chaos, de provocations, de scandales, le punk rock est né. Cependant, historiquement, le punk est d'abord une histoire américaine

 

États Unis

 

  1. La genèse

Aux USA, le début de l'affaire remonte loin, aux groupes garage pourrait-on dire. Rythmes primaires, vocaux menaçants. Les New York Dolls avec leur look provocateur, leurs références aux Girls-group des sixties et leur rock trash, simple et violent inspiré par les Stones des 1ers albums sont des précurseurs de la scène punk. Pour eux pas question de quarante prises de studios, de solos d'un quart d'heure, ils sont plutôt Wham, Bam, Thank you Mam, passe la bouteille. Cette attitude va inspirer les Ramones, Richard Hell, Patti Smith qui sont à l'avant-garde de ce mouvement.

 

Les Ramones

D'abord une précision, non, les Ramones ne sont pas frères ! Dee Dee Colvin est Dee Dee Ramone, John Cummings est Johnny Ramone, Jeffrey Hyman, Joey Ramone et Tommy Erderlyi, Tommy Ramone. On prétend que c'est Dee Dee qui a trouvé le nom du groupe en référence au surnom du Beatle Paul Mc Cartney, Ramone mais on dit aussi qu'il s'agirait du producteur Phil Ramone. Toujours est-il que le groupe a une allure bien particulière : blousons de cuir noir, tee-shirt, jeans troués aux genoux, baskets. Leur musique ? Euh, 1, 2, 3, 4 et c'est parti pour deux minutes, trois accords et Sheena est une punk rocker qui aimerait envoyer un missile sur la Russie pendant qu'on danse la danse du crétin qui a envie de sniffer de la colle. Et ça marche ! Bien sur, certains disent que les Ramones ne savent pas jouer et ils ont raison mais ils n'ont rien compris : tout est dans l'attitude.

 

Richard Hell est aussi un des pionniers du punk américain, ami d'enfance du guitariste Tom Verlaine, il fonde avec ce dernier les Neon Boys puis Television mais rapidement il quitte le groupe car Verlaine est trop technicien pour lui. Il apprend que Johnny Thunders, le guitariste des New York Dolls a quitté le groupe avec le batteur Jerry Nolan. Il les rejoint et ce sont les Heartbreakers avec Walter Lure mais rebelote, Hell ne s'entend pas avec Thunders, il crée alors les Voidoids avec lesquels il enregistre ce qui deviendra l'un des hymnes punk : « Blank Generation », la génération zéro, vide auquel fera écho plus tard le Pretty Vacant, joliment vide, des Sex Pistols. Ajoutons enfin qu'il est l'un des premiers à porter des tee-shirts déchirés et couverts d'inscriptions provocatrices.

 

Bien sur, ils ne seront pas les seuls dans cette scène punk, ils vont être rejoints par les Dead Boys, Pere Ubu, Blondie, Mink Deville Talking Heads dans cette première version du punk US qui verra ensuite la naissance d'une autre vague directement inspirée de l'Angleterre celle là.

 

 

Richard Hell & Voidoids : Blank Generation

The Ramones : Blitzkrieg Bop