Des vibrations positives à je veux te détruire

 

 

Les Soft Boys n'ont enregistré que deux albums mais leur influence continue de se faire sentir. Vous me direz : encore un de ces groupes de musiciens pour musiciens ou pour amateurs avertis. C'est vrai mais on peut aussi considérer que les Soft Boys sont une référence pour REM, les Replacements et pour une grande partie de la scène Paisley de Los Angeles du début des 80's. Dream Syndicate, Three' O Clock, Green On Red, Rain Parade ont certainement du écouter attentivement les Soft Boys, des Soft Boys qui ont le bénéfice de l'antériorité.

 

Le groupe s'est formé en 1976 en pleine vague punk mais contrairement à la majorité des groupes de l'époque, il ne joue pas les mêmes trois accords à fond les manettes mais une musique dont les références sont à chercher du coté de Syd Barett (le groupe a enregistré Vegetable Man et Astronomy Domine de Barett) pour les paroles surréalistes de Robin Hytchcock. C'est Hytchcock qui a réuni Andy Meltcafe (basse), Morris Windsor (batterie) et Kimberley Rew (guitare) (qui rejoint le groupe en 1977). Un premier Ep, Give It To The Soft Boys, parait en 1977 avec notamment l'excellent "Wading Through A Ventilator" et ses guitares hurlantes. Ce qui fait l'originalité du groupe, ce sont les compositions d'Hytchcock d'un coté et de l'autre les parties de guitare de Rew et d'Hytchcock.

 

Leur premier album, A Can Of Bees,  sort en 1979. Il est composé des premiers singles du groupe et d'une version du Cold Turkey de John Lennon qui vaut pratiquement l'original et ce n'est pas peu dire...  "Leppo And The Jooves" et "Sandra Having Her Brain Out" valent aussi le détour pour une basse que n'aurait pas renié les Stranglers et des parties de guitare incisives.

 

Underwater Moonlight parait en 1980 et on peut le considérer comme la meilleure œuvre du groupe et son chant du cygne. Les voix, les guitares, la rythmique, les morceaux, tout s'enchaine parfaitement pour un rock mélodique et puissant avec des traces de psychédélisme qui lorgnent du coté des Byrds, de Pink Floyd, d'Hendrix. Et puis il y a les paroles d'Hytchcock où il est question de paix, de guerre, de vie, de mort.

"Les vibrations positives brillent à travers toute la création

- Les vibrations positives unissent toutes les nations

- Tu est là cherchant la paix

- Ne sais tu pas que tu n'auras plus jamais la paix

- Juste la guerre".

Pas très optimiste cet extrait de "Positive Vibrations", "I Wanna Destroy You" ne l'est guère non plus :

"Ils ont remplacé ta fierté par le dégout

- Et ils t'ont envoyé à la guerre

- La manière dont tu traites les autres

- Me rend vraiment malade

- Parce que si tu veux te battre

- Alors tu ne fait que te détruire en te faisant tuer

- Je veux te détruire

- Je veux te détruire".

Ombres de Bob Dylan, de John Lennon... Si ce disque ne s'est pas vendu, il a été à l'origine de la création d'au moins une centaine de groupes.

 

Windsor et Meltcafe rejoindront en 1984 Robin Hytchcock And The Egyptians tandis que Kimberley Rew mettra sa guitare au service de Katrina And The Wawes. Même s'il n'a jamais joué dans des stades, Hytchcock a eu une carrière prolifique : pas moins de 15 albums depuis la séparation des Soft Boys.

 

Si vous aimez les mélodies ciselées, les guitares affutées, le rock psychédélique, les paroles intelligentes, alors les Soft Boys vous feront vibrer.

The Soft Boys : Only The Stones Remain